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Informatique embarquée pour le transport routier de marchandises

De nombreux outils de gestion de flottes et de fret sont mis à disposition par des offreurs de solutions et des intégrateurs. Ces systèmes doivent répondre aux besoins des entreprises qui sont à même d’élaborer un cahier des charges adéquat. Un guide des solutions d’informatique embarquée vient d’être publié à l’initiative du ministère du développement durable et du pôle de compétitivité LUTB.

Ce document, à destination des PME/TPE du secteur du transport routier de marchandises, a pour but de fournir un état de l’art de tous les dispositifs et offres d’informatique embarquée disponibles sur le marché français leur permettant :

  • De se conformer aux règlementations en vigueur dans le secteur du transport routier de marchandises
  • D’optimiser le transport de marchandises
  • D’améliorer la sécurité dans le secteur du transport routier de marchandises
  • D’accroître les profits des entreprises du secteur du transport routier de marchandises

1. Etat des lieux de la situation française

Sur le marché des outils de gestion du fret et des flottes de véhicules commerciaux, on relève très souvent un paradoxe entre une offre technologique abondante (et performante) et une demande balbutiante de solutions télématiques adaptées au transport de marchandises.

Par exemple, en ce qui concerne les systèmes de navigation par satellite, 20% seulement sont des systèmes embarqués de type OBU (on-board unit) qui permettent la connexion avec des capteurs et avec les systèmes d’information de l’entreprise ou des plates formes électroniques extérieures. La majorité sont des PDA (16%), des PND (Portable Navigation Services) de type TomTom (56%, avec + 400% d’augmentation des ventes en 2005 !) et quelques mobile ou smart phone (8%).

Une enquête entreprises TRM longue distance (2005) du CNR fait ressortir les points suivants :

  • 23% des entreprises disent utiliser une solution d’informatique embarquée mais sans donner de précisions sur les outils ;
  • 36% utilisent un progiciel de gestion. Ces logiciels de gestion intégrée ou ERP (Enterprise Ressource Planning), reliés à des systèmes d’information à distance, ont ouvert le monde de la mobilité à l’entreprise de transport. Les éditeurs de logiciels sont très nombreux qu’ils soient « généralistes » ou/et développeurs de solutions génériques applicables à plusieurs utilisations-types (progiciels) ou développeurs d’utilisations spécifiques (solutions sur mesure) ou encore d’éditeurs hybrides (gamme de solutions adaptées à un segment de clientèle).

Enfin, sur tous les continents, on rencontre une certaine frilosité des entreprises à investir dans les TIC, en raison du risque lié à une obsolescence rapide des systèmes mais aussi eu égard à la définition insuffisante des besoins fonctionnels auxquels ces technologies doivent ou peuvent répondre. En effet, il existe aujourd’hui de nombreuses applications mais qui sont le plus souvent partielles, aussi bien celles qui sont :

  • V2I (véhicule/infrastructure) comme la détection (et la prévention) d’accidents ;
  • V2B principalement la géo-localisation et la maintenance du parc ;
  • B2B : les échanges d’une base de données à une autre ou d’une base (ou plate forme) centralisée ou mutualisée à une base (ou plate forme) locale ou privée ;
  • B2V : les échanges entre une base de données ou une plate forme d’échanges vers un véhicule, le plus souvent des ordres de mission, la planification de tournées.

2. Principales fonctions réalisées

Les applications verticales qui nous intéressent ici sont principalement des applications de géo-localisation : gestion de flottes, recherche d’un itinéraire, trafic routier, … Elles sont fournies par un grand nombre de sociétés, éditeurs indépendants, lesquels offrent des outils d’informatique embarquée (proposés de plus en plus par les constructeurs de Véhicules Industriels eux-mêmes) qui, grâce à la remontée d’informations en temps réel, sont des compléments : aux progiciels TMS (Transport Management System) et aux logiciels d’optimisation des tournées ; aux systèmes de gestion des données sociales, mais aussi des liasses documentaires, comme les formulaires douaniers ; de suivi de flotte ; de maintenance de parc. La grande majorité des outils de TMS répondent aux besoins d’exécution des opérations de transport (affrètement et exploitation du réseau), de traçabilité (capture et gestion de l’information) et d’analyse et de statistiques, quelquefois à des besoins de planification opérationnelle (plan de transport en fonction des commandes réelles et des éléments humains et matériels) grâce à des modules d’ordonnancement dédiés.

a – La Géolocalisation :

Elle est basée sur la technologie GNSS (Global Navigation Satellite System) par laquelle un récepteur embarqué est localisé par rapport à plusieurs satellites, avec une précision de l’ordre de 50 mètres ; c’est aussi un service proposé sur abonnement par les opérateurs GSM (Global System for Mobile communications), via l’exploitation d’un identifiant de cellule (Cell ID), avec une précision de quelques centaines de mètres mais sans l’ajout d’un boîtier-récepteur spécifique.

Des solutions de gestion de flottes d’entreprises fonctionnent selon un principe hybride en exploitant les avantages de toutes les technologies radio : localisation GPS à l’aide d’un boîtier intégré au véhicule, transfert de l’information par une liaison Bluetooth vers un terminal GSM/GPRS (General Packet Radio Services) indépendant du véhicule, acheminement des échanges avec l’entreprise au travers du réseau de téléphonie mobile.

Dans la mesure où la géolocalisation collecte des informations susceptibles de concerner certaines libertés fondamentales : respect de la vie privée et droit d’aller et venir, l’entreprise a l’obligation : d’informer les salariés du dispositif de localisation qui, dans tous les cas, doit rester débrayable lors des périodes de repos, de recueillir le consentement des utilisateurs, de remplir une déclaration formelle auprès de la CNIL en cas d’archivage des données. Cf. Recommandation 2006-066 du 16 mars 2006 sur la mise en œuvre de dispositifs destinés à géolocaliser les véhicules automobiles utilisés par les employés.

Ces outils de géo-positionnement visent à obtenir des gains de productivité et à apporter des services supplémentaires de suivi aux clients.

Généralement, les sociétés souhaitent visualiser les positions géographiques sur un support cartographique et disposer d’un certain nombre de fonctionnalités supplémentaires telles que : la visualisation des distances et le calcul des itinéraires (optimisation des tournées, gestion des interventions), gestion des missions et des agendas ainsi que des messages d’alertes et de recherche, recherche de matériels volés et sécurisation des employés dans certaines zones, information de tracking en temps réel des opérations effectuées en interne et au client.

Les dispositifs de géolocalisation paraissent aujourd’hui incontournables dans le transport de marchandises pour assurer la logistique et le suivi des livraisons.

b – Machines communicantes

Les applications mobiles B to M ou M to M (M2M) consistent à échanger des informations entre équipements sans intervention humaine directe. Il s’agit d’équiper les machines d’un petit appareil qui peut lire l’état de la machine, comprendre son comportement, agir et renvoyer de l’information… On voit donc apparaître une nouvelle gamme de machines intelligentes (panneaux d’affichage, compteurs, …), dont les applications pratiques concernent : la télémétrie : ensemble des échanges d’informations (alarmes, compteurs) en provenance ou à destination de capteurs divers, voire d’horodateurs pour des solutions de paiement par exemple ; la télégestion qui comprend toutes les opérations de collecte et de mise à jour d’informations à distance comme le diagnostic de pannes en maintenance préventive ou le pilotage d’indications de signalisation routière ; la télématique qui concerne toutes les solutions embarquées pour des applications métiers (cf.www.aide-eu.org).

La mise en place de solutions M2M est principalement tirée par une demande de traçabilité en tous domaines. La collecte automatique de données et l’exploitation simple qui en découle permettent aussi d’éviter de nombreuses pannes et par conséquent des déplacements inutiles pour remorquage, dépannage, voire transbordement des marchandises transportées dans un autre véhicule.

c – Les solutions métiers du TRM

Elles sont concernées avant tout par la gestion de flottes de véhicules commerciaux et intéressent les spécialistes en Système d’Information géographique (SIG), les fournisseurs de cartographie, les distributeurs de GPS et les spécialistes de l’informatique embarquée ; ils sont positionnés sur le marché du suivi et de la gestion de flottes dont l’offre est très riche et diversifiée ; ils se basent sur des partenariats avec des fournisseurs de cartographie pour transformer les données issues des techniques de localisation en positions physiques sur des supports de visualisation et de suivi de parcours. Il est possible alors de : réaliser un calcul d’itinéraires optimal ; effectuer un positionnement précis des ressources.

L’objet est aussi de gérer la planification des interventions et le dispatching sur le terrain en fonction des demandes du client.

L’analyse des offres, présentées sous forme de modules complémentaires à la localisation, permet d’identifier les principaux groupes de fonctionnalités suivantes :

  • La gestion des missions ou optimisation des tournées  : les fournisseurs mettent à disposition des outils de messagerie permettant de connaître le statut des missions en cours d’exécution ou à réaliser, de gérer les imprévus et d’informer les clients en temps réel sur les tournées en cours. L’envoi du bordereau de livraison électronique (sur PDA ou pocket PC) permet de gérer en temps réel la réalisation des missions dévolues au chauffeur. Par ailleurs, la planification des itinéraires et le suivi des parcours dans un souci de réduction des coûts de revient peut se faire avec des outils analysant le comportement du conducteur au volant ; l’éco-conduite participe aussi à la volonté de réduire les émissions de CO2 et de particules dans l’atmosphère.
  • la remontée d’informations sociales  (respect des temps d’arrêt, gestion des 35H et des réglementations chauffeurs) : la gestion des conducteurs dans les sociétés de transport est facilitée par des solutions qui offrent des systèmes d’alertes permettant aux conducteurs de se concentrer sur leur itinéraire. Un système additionnel d’aide à la navigation, permet de proposer un service supplémentaire de guidage au conducteur. La mise en place du chronotachygraphe numérique et son déploiement progressif à partir du 1er mai 2006 suppose un développement de l’informatique embarquée dans les camions. En effet, à côté des constructeurs de matériels embarqués et des fournisseurs de cartes, les éditeurs et fournisseurs de logiciels de temps de travail et de repos des conducteurs et de traitement des données du tachygraphe offrent un kit complet avec outils de téléchargement et solutions d’archivage et/ou, en options, des services ASP (Application Service Provider) pour une connexion à distance ou/et un système de traitement automatique de la feuille de paie. Ces services sont à définir dans le cadre d’études des besoins exprimés par les différents acteurs du transport et en fonction de l’évolution technologique de l’outil lui-même (chronotachygraphe de 2ème génération).
  • La sécurité et la sûreté : sont concernés le vol (camions, remorques et marchandises), la détection d’anomalies ou les risques d’infraction (temps d’arrêt et de conduite anormaux, repérage des excès de vitesse, identification des retards excessifs…). Certains systèmes permettent de générer des alertes et d’agir à distance (immobilisation du véhicule, par exemple).
  • des solutions de facturation et de paiement (voir l’article Paiement et interopérabilité des systèmes ci-contre)

Documentation [CESMO consulting] : « Les applications de mobilité en entreprise – les 100 acteurs de référence » - juillet 2004 : www.cesmo.frwww.B2Bouygtel.comwww.afutt.orgwww.syntec-informatique.fr [ACTIF] « Architecture cadre pour les transports intelligents en France » , Modèle et études de cas, www.its-actif.org [SILEVIC] « Service Internet de Localisation Et de Visualisation Cartographique », société METOD, www.metod.com [THEMIS] « Thematic network in optimizing the management of intermodal transport services », http://hermes.civil.auth.gr/themis [TRACY] Service internet de suivi des marchandises, société Tracing Server, www.challenge-int.fr [ANACT – Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail] : « La conduite de changements techniques et organisationnels dans le transport routier de marchandises : le cas de la mise en oeuvre de systèmes d’informatique embarquée » (1er octobre 2005) [ARACT – Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail – Auvergne] : « Conduire un projet d’investissement en informatique embarquée dans les entreprises de transport routier de marchandises. » (15 mai 2006) Programme AIDE (Adaptive Integrated Driver-vehicle interfacE) : www.aide-eu.org [CNR – Comité National Routier] : Maîtriser les coûts et améliorer la productivité avec les Technologies de l’Information et de la Communication in les Cahiers de l’observatoire n° 230 (septembre 2006), www.cnr.fr/services/cahiers_... [Atec – ITS France] : « Guide Informatique Embarquée pour le transport routier de marchandises » - juillet 2007 – www.itsfrance.netwww.critt-tl.fr/info_embarqu...www.normafret.org

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