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Voie auxiliaire sur A4 /A86

Contexte

Le tronçon commun de l’A4 et l’A86 est situé à l’est de Paris. Il s’agit d’une section autoroutière d’une longueur de 2200 mètres et composée de quatre voies de circulation sur laquelle se joignent les autoroutes A4 et A86. La jonction sur cette section de flux de circulation très importants est à l’origine d’une congestion récurrente le matin et le soir, qualifiée de "plus grand bouchon d’Europe". Dans les faits, 280 000 véhicules empruntent cette portion d’autoroute. Avant la réalisation de l’opération de gestion dynamique de la voie auxiliaire, il se formait quotidiennement un bouchon de 10 à 15 kilomètres de long durant les heures de pointes, soit environ 10 heures par jour.

La création d’une voie auxiliaire

L’objectif de réduction du volume de cette congestion passe par la mise en oeuvre d’une mesure d’exploitation dynamique destinée à améliorer les conditions d’écoulement du trafic sur cette section. Concrètement, cette mesure a nécessité la requalification par une couleur plus claire de la bande d’arrêt d’urgence pour créer une cinquième voie de circulation potentielle, dénommée "Voie auxiliaire". En temps normal, cette voie auxiliaire est fermée à la circulation. Elle assure ainsi pleinement son rôle principal de bande d’arrêt d’urgence, et offre alors une possibilité de refuge aux usagers en difficulté afin d’assurer leur sécurité.

Les équipements de terrain

Afin de mettre en oeuvre sur le terrain l’exploitation dynamique de la voie, une place importante a été faite aux équipements de signalisation innovants. Des glissières mobiles d’affectation (GMA) ont été installées sur la voie auxiliaire à intervalles réguliers. Celles-ci sont activées à distance ; elles permettent d’ouvrir ou de fermer automatiquement la voie selon le besoin, à l’image de biseaux de rabattement. La voie auxiliaire est également équipée d’une signalisation verticale dynamique, constituée de la superposition de panneaux à messages variables (PMV) et de signaux d’affectation de voie (SAV). Cette signalisation avertit les usagers de l’ouverture ou de la fermeture de la voie.

Ce dispositif est complété par un ensemble de radars automatiques, qui participe à la maîtrise des vitesses pratiquées et contribuent à une sécurité maximale sur cette section. L’ensemble de la zone est également couverte par des caméras vidéo, couplées à un système de détection automatique d’incidents, afin de diminuer les délais d’interventions sur incidents.

Fonctionnement de la voie auxiliaire

La voie auxiliaire est ouverte à la circulation uniquement lors des périodes de fort trafic. Cette ouverture temporaire à la circulation permet d’augmenter la capacité de l’infrastructure offerte aux usagers. Essentiellement liée aux déplacements domicile-travail, l’ouverture de la voie auxiliaire se fait durant les heures de pointe du matin, dans le sens Province vers Paris, et le soir, dans le sens Paris vers Province. Enfin, des capteurs implantés dans la chaussée réalisent de façon permanente des mesures sur la zone concernée et permettent de connaitre l’état du trafic. Les conditions d’exploitation (4 ou 5 voies) sont dynamiquement liées à ces conditions de circulation, et validées par l’opérateur sécurité trafic (OST) présent au Poste de Contrôle Trafic et Tunnels (PCTT) de Champigny, après un contrôle visuel à l’aide des caméras de surveillance.

Évaluation des impacts

La création de la voie auxiliaire et les mesures d’exploitation dynamique qui accompagnent son fonctionnement ont fait l’objet de plusieurs évaluations d’impact, afin de comparer les situations avant et après. Au niveau de la congestion, une évaluation a été menée par la DiRIF en 2006, avec l’appui de l’INRETS. Celle-ci a montré que la voie auxiliaire générait une augmentation de la capacité de l’infrastructure comprise entre 7,5 et 10% par rapport à la situation antérieure.

Cette augmentation de capacité engendre une amélioration du niveau de service et contribue à réduire les périodes de trafic saturé. Durant les heures de pointes du matin, la vitesse moyenne globale sur cette section a progressé de 20km/h, diminuant ainsi les temps de parcours des automobilistes.

L’amélioration de la fluidité du trafic et la régulation dynamique ont également apporté un gain de sécurité dans les tunnels de Nogent et de Champigny.

Sur le plan environnemental, cette opération a également un impact positif en terme de réductions des nuisances dûes à la circulation. La consommation de carburant, les émissions de polluants et les gaz à effet de serre enregistrent une tendance à la baisse sur la zone d’expérimentation, lorsque l’on compare les situations avant et après.

Des informations et résultats d’évaluation plus détaillés sont disponibles sur le site de la Direction des Routes d’Ile-de-France (DiRIF) : http://www.dir.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/la-voie-auxiliaire-sur-a4-a86-r96.html

Les plus

L’ouverture temporaire d’une voie supplémentaire présente trois avantages [1] :

  • une augmentation de la capacité de l’infrastructure comprise entre 7,5 et 10 % ;
  • une réduction des périodes de trafic saturé ;
  • une progression de 20 km/h de la vitesse moyenne globale durant les heures de pointes du matin.

L’amélioration de la fluidité du trafic et la régulation dynamique entraînent également :

  • un gain de sécurité dans les tunnels de N ogent et de Champigny, les opérateurs de trafic pouvant contrôler les lieux de formation des congestions et éviter ainsi les tunnels ;
  • une réduction des nuisances dues à la circulation. La consommation de carburant, les émissions de polluants et de gaz à effet de serre enregistrent une tendance à la baisse sur la zone d’expérimentation grâce à l’amélioration de la fluidité.

Les fournisseurs de matériels

  • SES, Citilog, Alcatel pour les équipements dynamiques (panneaux à messages variables)
  • Signature SA et SES SA pour la signalisation
  • Sodirel pour les glissières mobiles d’affectation

[1] Évaluation menée en 2006 par l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS), désormais IFSTTAR