Gestion du stationnement automobile
Les politiques de stationnement sont un levier fort des politiques de déplacement. En effet, le fait d’être assuré de disposer d’une place de stationnement à destination est déterminant quand au choix d’utiliser ou non la voiture. Parce qu’il permet de réguler la demande de déplacement, le stationnement est donc un outil privilégié pour favoriser le report modal.
Lors de ces dernières années, les nouvelles technologies ont fortement investi le champ du stationnement sur voirie et dans les parcs en ouvrage dans l’optique :
- d’améliorer le service à l’usager (jalonnement, paiement par téléphone portable, ...)
- d’optimiser le contrôle du stationnement (Procès Verbal Électronique, détection des véhicules en infraction, ...)
Des horodateurs qui favorisent l’intermodalité
Les innovations récentes des professionnels du stationnement montrent la volonté de ces derniers de se positionner comme des acteurs de la mobilité durable au sens large. Ainsi, Parkeon a présenté lors du salon du stationnement Parkopolis, qui s’est tenu à Paris les 15 et 16 juin 2011, sa nouvelle génération d’horodateurs : Citypal. Ces bornes sont déjà installées à titre expérimental à Cannes, Genève et Seattle. Elles peuvent accueillir une large gamme d’applications et son pilotées à distance c’est-à-dire qu’elles peuvent être reconfigurées par le gestionnaire de voirie (qui peut par exemple modifier les tarifs sur telle ou telle zone) via un site internet hébergé par Parkeon.
Ces nouveaux terminaux d’horodateurs autorisent la mise en place de toutes les politiques de stationnement avec la possibilité de prendre en compte des critères très variés : plages horaires, zones géographiques, profils d’usager, types de véhicule etc... En outre, leur écran tactile couleur permet de diffuser des informations pratiques sur le stationnement mais aussi sur la ville, les manifestations prévues par exemple, et sur les transports publics avec des plans dynamiques du réseau notamment. Pour favoriser l’interconnexion avec les modes alternatifs à la voiture, il est également possible de recharger son abonnement de transports en commun sur ces bornes et ce par tout type de moyen de paiement.
Enfin, les terminaux Citypal sont alimentés grâce à des panneaux photovoltaïques et permettent à l’usager de piloter des bornes de recharge électriques pour sa voiture.
Toutes ces fonctionnalités ne sont pas encore développées : Parkeon a créé un outil, le Citypal, qui permet de développer ces applications mais c’est aux gestionnaires de voirie de définir l’usage exact qu’ils veulent faire de ces bornes. A Cannes, où l’expérimentation a commencé en juin 2011 et se terminera en décembre, la municipalité souhaite avant tout utiliser Citypal pour mieux connaître les habitudes des usagers et notamment mieux lutter contre la fraude : les bornes de Parkeon permettent de connaître les transactions en temps réel (heure du paiement et durée du stationnement autorisé) et non plus d’avoir de simples remontées mensuelles comme c’était le cas auparavant. Ces bornes seront également utilisées pour fournir de l’information aux usagers, notamment afin de favoriser l’intermodalité. Enfin, elles permettront de proposer le paiement dématérialisé du stationnement qui facilitera la transaction pour l’usager et sécurisera le recouvrement des recettes par les agents.
Jalonnement dynamique du stationnement et information aux usagers
En milieu urbain, l’augmentation de la circulation routière a entraîné des problèmes de congestion préjudiciables à l’environnement et au cadre de vie. La prise de conscience de ce problème est si forte qu’elle a été relayée au niveau des Plans de Déplacements Urbains par des mesures visant à mieux gérer la mobilité, en limitant la circulation automobile, et en favorisant l’utilisation d’autres modes de transport que la voiture particulière.
Dans cette optique, le jalonnement dynamique des parcs de stationnement apparaît comme une mesure d’exploitation efficace pour réduire les circulations inutiles et organiser le transfert modal.
Son principe consiste à organiser la demande en stationnement en la reportant des parcs saturés vers ceux qui le sont moins. Pour cela, la signalisation indique en temps réel aux automobilistes l’état d’occupation des différents parcs. En cas de saturation d’un ouvrage, l’automobiliste peut alors organiser son déplacement de façon à stationner là où il y a encore des places disponibles. La réduction du temps de recherche d’une place de stationnement qui en découle diminue le nombre de véhicules en circulation, avec des effets positifs sur la congestion, les nuisances sonores et la pollution. Le système, par les reports qu’il organise, a également un rôle bénéfique en termes de fréquentation des parcs et permet de répondre, sans construction de places de stationnement supplémentaires, à une demande de stationnement ponctuellement voisine de l’offre.
L’efficacité de ces systèmes est liée à plusieurs facteurs : politique tout d’abord, avec la nécessaire cohérence de ces systèmes avec la gestion locale du stationnement ; technique, avec la nécessaire prise en compte dans le message d’une certaine anticipation, gage d’exactitude, donc de crédibilité ; ergonomique, avec le souci de ne pas surcharger l’usager d’informations inutiles.
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Le stationnement intelligent
Source : Ville Rail § Transports, n°507, p. 30-33, 17 novembre 2010
Une étude menée par la société d’ingénierie SARECO en 2005 sur Grenoble, Lyon et Paris, estime qu’en moyenne 10% des véhicules en circulation à un instant t cherchent une place de stationnement. Or, ces véhicules qui tournent en rond participent à l’engorgement de la circulation et polluent énormément. Dans une étude menée pour le Prédit en 2003, JMJ Conseil montre qu’avec une bonne rotation des véhicules sur les places de stationnement, la distance moyenne « de recherche » d’une place serait ramenée de 1 600 à 400 mètres ce qui diviserait également au final par quatre la pollution due à cette recherche de stationnement.
Pour optimiser cette rotation, de nouvelles solutions techniques émergent. Elles permettent l’identification en temps réel des places libres sur la voirie et la transmission de l’information sur le smartphone de l’usager.
En France, la première expérimentation s’est déroulée à Lyon début 2009, sous l’égide du Prédit, en partenariat avec Parkéon et Lyon Parc Auto. Il s’agit d’un système d’analyse de présence des véhicules et de calcul de la durée du stationnement grâce à des capteurs, fabriqués par C-Zam, placés sous la chaussée. Libre ensuite à l’exploitant de diffuser ou non l’information via internet, panneaux d’affichage en ville ou smartphones aux automobilistes pour les guider ou de donner cette information aux services de contrôle pour les contraventions.
La société toulousaine Lyberta expérimente sa solution, développée fin 2009, sur 4 places d’une rue de Toulouse. L’information récoltée par les capteurs est réactualisée toutes les 10 secondes et diffusée aux clients sur leur smartphone ou par SMS pour les possesseurs de mobiles plus classiques. Il est même possible de dématérialiser totalement le paiement en proposant des badges à placer dans les voitures : l’usager paie à la minute et est débité en fin de mois. La fonctionnalité du système étant avérée, il sera peu à peu déployé à d’autres secteurs de Toulouse. D’autres villes comme Nice souhaite s’équiper de système de stationnement intelligent afin de fluidifier la circulation.
Nul besoin de capteurs en revanche avec le nouveau système Uinfopark d’Utilisacteur disponible pour l’instant uniquement sur iPhone. Cette application, téléchargeable gratuitement sur www.utilisacteur.fr ou l’appStore d’Apple, permet à tous les usagers de partager des informations sur les possibilités de stationnement en milieu urbain. Il s’agit du premier service de stationnement participatif prédictif en temps réel. Ceux qui viennent de se garer doivent se géolocaliser, renseigner la durée prévisible de leur stationnement puis confirmer leur départ de la place de stationnement. L’usager peut ainsi consulter les places de stationnement disponibles ou qui vont bientôt se libérer à proximité. Le service est trop récent pour avoir atteint la masse critique d’utilisateurs mais pourrait constituer une solution efficace pour l’optimisation du stationnement.
Ces systèmes participant à un stationnement intelligent, avec ou sans capteurs, sont prometteurs. Mais ils ne doivent pas se substituer à une politique de stationnement réglementé. Il faudra rechercher le bon équilibre sous peine d’un résultat contre-productif. En effet, ces systèmes facilitant le stationnement pourraient encourager l’usager à prendre sa voiture et avoir finalement un impact négatif sur la congestion et l’environnement.
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Focus
Les nouveaux systèmes de paiement et de contrôle qui facilitent la mise en œuvre des politiques de stationnement...
Paiement et stratégies de tarification
source : Maires de France, février 2011
Les politiques de régulation du stationnement constituent l’un des principaux leviers permettant de réduire l’usage de la voiture particulière. Cependant, les résultats de ces politiques sont conditionnés par l’efficacité des outils existants en matière de paiement et de contrôle du stationnement.
Or, les systèmes actuels ne sont pas toujours adaptés à la diversité des conditions tarifaires pouvant être décidées localement, qui peuvent varier selon les zones géographiques (hyper-centre, centre, périphérie), les plages horaires et le profil des usagers (résidents, rotatifs, livreurs, saisonniers, touristes). D’autre part, l’installation des équipements traditionnels en bordure de voie (parcmètres, horodateurs) peut coûter cher à la collectivité. Enfin, le contrôle des infractions n’est pas toujours optimal ce qui réduit l’impact des restrictions actées par la collectivité.
De nouveaux systèmes permettent de pallier partiellement ces lacunes et devraient faciliter la mise en œuvre des stratégies en faveur d’un « stationnement durable ».
Ainsi les équipements traditionnels de paiement, peu pratiques et souvent coûteux pour la collectivité, pourraient bientôt être remplacés par un paiement dématérialisé activé par téléphone mobile.
Les nouvelles technologies vont également, à court terme, améliorer le contrôle des infractions et la gestion des sanctions. Plusieurs innovations permettent de gagner du temps et donc de contrôler plus, de réduire la part de l’erreur humaine, de la fraude et d’éviter les indulgences encore fréquentes en matière de stationnement.
- La société Pango propose de doter les agents de contrôle d’un lecteur de plaque minéralogique. Cette dernière étant enregistrée et activée lors du déclenchement du stationnement par téléphone mobile, l’agent saura immédiatement si le droit de stationnement est acquitté ou pas.
- Dans le cadre de la généralisation du procès-verbal électronique, prévue pour 2011, les agents de contrôle seront équipés d’une tablette PC avec scanner et stylo électronique pouvant enregistrer l’infraction et la photographier. Le centre de traitement recevra directement la saisie par télétransmission et pourra envoyer sans délai le PV au domicile du contrevenant.
- D’autre part, la société ATMI a mis au point un dispositif nommé mVAO. Installé sur un terminal portable, il peut gérer l’identification, la saisie des données, la géolocalisation, l’impression et la synchronisation avec des systèmes distants.
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Systèmes d’alerte en cas d’infraction,
récupération des véhicules à la suite d’un vol,
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