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Lutte contre le changement climatique

Le poids du transport dans les émissions de gaz à effet de serre est aujourd’hui de 23 %, avec une tendance à la hausse. Il est urgent de déterminer les actions qui vont permettre de réduire ces émissions tout en répondant aux besoins de mobilité. La mobilité dépasse largement le champ des transports. En particulier, de nombreux déplacements peuvent s’effectuer sans recours à des prestations de transport. Par ailleurs l’usage collectif de l’automobile, conçue jusqu’ici pour des usages individuels, peuvent apporter de nouvelles offres de mobilité presque sans augmenter les émissions.

Le numérique s’est développé depuis plus de 20 ans dans les transports sous le nom d’ITS (Intelligent Transport System), avec des résultats remarquables en ce qui concerne la sécurité et l’efficacité, notamment énergétique. Les relations avec les usagers ont beaucoup progressé, avec des progrès importants sur la continuité des services et l’intermodalité.

L’extension des ITS au domaine de la mobilité, du fait du développement des objets personnels connectés et de l’internet des objets ouvre des perspectives de développement de nouveaux services de mobilité. Parmi ceux-ci, les services permettant de mesurer les effets du comportement des acteurs et de gérer des outils de régulation sont d’une grande importance pour les pouvoirs publics.

Les STI peuvent être utilisés de différentes manières contre le changement climatique :

- L’apprentissage de l’éco-conduite et les dispositifs qui facilitent sa pratique (guidage, régulation de vitesse) réduisent la consommation d’énergie et concourent à l’amélioration de la qualité de l’air.
- Les automatismes et les communications aident à réduire l’empreinte carbone de la circulation automobile et la pollution par l’application de stratégies avancées de gestion des feux, détection automatique de la congestion et régulation d’accès.
- Les STI contribuent directement à améliorer l’efficacité des déplacements (multimodalité, autopartage, covoiturage).
- Ils concourent à la connaissance et au suivi des émissions par modes de transport et facilitent la responsabilisation des acteurs. La fusion de multiples sources de données et l’utilisation de modèles à différentes échelles en fonction des problèmes posés ou de nouvelles perspectives d’évaluation. Les projets ECOSTAND (EU-USA) et EnergyITS (Japon) ont fait un état de l’art (séminaire ISTS 2014) et ont proposé un challenge intervilles pour faire converger et améliorer les pratiques d’évaluation.
- A l’échelle internationale, les analyses de mégadonnées (big data) issues du secteur de la mobilité fourniront des informations précieuses à la politique de réduction des émissions. Motivées par des intérêts publics et privés très importants, ces analyses n’ont pas encore fait l’objet de réflexions concertées au plan international qui permettraient d’en extraire des éléments utiles à la gestion des territoires, des transports et de la mobilité en garantissant la protection des données personnelles.

La description des systèmes ITS qui peuvent rentrer dans ces catégories a été actualisée à plusieurs reprises depuis 2008 (projet e-Safety). L’étude ERTICO-ACEA de 2015 vise à préparer la stratégie de réduction des émissions des véhicules au delà de 2020. L’étude montre que les applications de navigation qui sont déjà sur le marché, peuvent réduire significativement les km effectués par exemple pour chercher une place de stationnement. L’éco-conduite a prouvé ses effets dans les contextes professionnels mais n’a pas encore été portée par des incitations qui permettraient aux conducteurs de se former et de réduire leurs consommations lorsqu’il payent eux même le carburant de leurs voitures.

La COP21 et la démarche LPAA

LPAA est un processus initié par le “quartet” composé du Pérou et de la France, du Secrétariat Général des Nations Unies et du secrétariat de l’ UNFCCC. L’objectif et la méthode de LPAA sont publiés sur http://climateaction.unfccc.int/abo...

L’objectif est de donner une crédibilité à la transition vers des sociétés à basse émission de GES, compatibles avec une augmentation de température moyenne de 1,5 à 2°C, avec les moyens de mise en œuvre appropriés. Le nouvel accord devra être équitable et ambitieux et s’appliquer à tous de façon transparente et vérifiable. LPAA vise à démontrer l’engagement des acteurs privés et publics, agissant individuellement ou en partenariat dépassant les institutions traditionnelles. LPAA cherche à renforcer les initiatives pour les rendre plus ambitieuses et plus représentatives. Les gouvernements sont encouragés à :

- renforcer les coopérations public-privé ;
- devenir partenaires des initiatives, pour être soutenus dans leurs actions nationales ou pour apporter expertise et assistance à d’autres pays ;
- encourager les acteurs de leurs pays à prendre des engagements ou à rejoindre des initiatives ;
- entreprendre des actions avec d’autres pays ou lancer d’autres initiatives.

Les collectivités décentralisées et les entreprises sont également invitées à s’engager dans le soutien aux initiatives.

PPMC (Paris Process for Mobility and Climate)

A la demande de LPAA, il s’agit pour ce processus de réunir les initiatives portant sur les transports et la mobilité pour une présentation cohérente des engagements pendant la COP21 (Transport Focus Day). Ce processus est animé par le Challenge Bibendum et SLOCAT. Des engagements ont été recueillis sur les aéroports, les bus propres, le fret, l’aviation civile, les véhicules électriques, les ITS pour le Climat, les chemins de fer, les transports publics, la mobilité urbaine électrique, les plans de déplacement urbains, l’efficacité énergétique des véhicules et le vélo.

L’initiative ITS for the Climate

Elle a été proposée par deux associations ITS, ATEC-ITS France et TOPOS Aquitaine, dont les membres sont des autorités publiques, des entreprises, des organismes de recherche, des transporteurs, des fournisseurs de technologies et de services. Ces structures n’ont pas de capacité à obliger des acteurs particuliers à modifier leur organisation ni leurs stratégies. Par contre leur composition multi-partite leur permet de constituer des plateformes d’échange qui peuvent déboucher sur des projets concrets, pour autant qu’il y ait une volonté politique claire exprimée par les responsables politiques des territoires sur lesquels elles agissent.

Ces deux associations ont porté la candidature de Bordeaux 2015 pour l’organisation du congrès mondial ITS, au nom des collectivités accueillant le Congrès et avec l’appui de l’Etat. Dans le cadre du Comité national d’organisation présidé par le Ministre des transports, elles ont proposé un projet de Manifesto en 2014 pour faire connaître les possibilités d’utilisation des ITS pour la réduction des émissions. Après discussions dans le cadre de réunions organisées par ERTICO avec ses partenaires et la Commission Européenne, ce document “ ITS Adressing Climate Change” (V7.0, 21 September 2015) a été proposé pour remarques et observations aux ministres invités à la Table Ronde Ministérielle du 5 octobre 2015 à Bordeaux.

Ce document est disponible.

Voyant l’intérêt d’un nombre croissant d’acteurs pour ces applications des ITS, ATEC-ITS France et TOPOS Aquitaine ont proposé une Initiative appelée “ITS for the Climate” dans le processus LPAA, qui a été acceptée. Cette initiative est une réponse au besoin de continuité dans les deux domaines de la sensibilisation sur ces applications et de l’identification des bonnes pratiques. Dans le cadre des orientations prises par la table ronde ministérielle de Bordeaux, cette initiative cherchera à identifier avec les associations ITS les événements à partir desquels pourront être diffusés les orientations politiques de la COP et la manière de poursuivre la collecte de références exemplaires et de bonnes pratiques, notamment méthodologiques.